FRANCINE MAYRAN a monté des expositions de peinture et de sculptures depuis 1999. Son travail artistique de mémoire de l'Holocauste se développe parallèlement depuis 2008.
Elle pense que la peinture s’est imposée à elle comme pour servir à la transmission d’un intransmissible, celui du génocide d’hommes, de femmes et d’enfants dont le seul crime était d’être juifs ou tsiganes, comme celui d’autres d’avoir été arméniens en 1915, cambodgien en 1975 ou encore tutsi au Rwanda en 1994.
Elle dit comme le peintre Samuel Bak, "ce n'est pas moi qui ai choisi l’Holocauste, c'est plutôt l'Holocauste, qui m'a choisi pour être l'un de ses porteurs de témoignage".
SON OBJECTIF est de connecter des photos, traces objectives du passé, pour les relier par une création personnelle comme dans un lien de descendance pour que ces images restent et vivent et qu'elles deviennent des instants du présent.
Elle tente de faire voir ce qu'on a voulu sans témoin et de montrer le regard des absents.
Elle essaie comme un passeur de mémoire, de prendre le relais des derniers témoins directs qui peu à peu s'éteignent.
Ses créations se veulent être aussi écho d'autres mémoires, celle des victimes tsiganes, celle des homosexuels, celle des résistants déportés pour leurs idées ou encore celle des handicapés.
Comme l'exprime l'artiste: "Dire, écrire, peindre et sculpter sont des petits cailloux sur la tombe des morts, des paroles de soutien aux survivants, pour leur permettre de lâcher leur fardeau et transmettre leur message."
C'est un travail artistique qui, en touchant les coeurs, veut éveiller les consciences et sensibiliser au danger de répéter l'Histoire.
SES TOILES sont enchevêtrées de taches, de coulures, de giclures, d'éclaboussures et sont sculptées, gravées dans de multiples strates.
Des paysages ou l'imminence d'un drame.
Des foules anonymes emportées sous les yeux de témoins passifs, vers un destin inacceptable.
Chaque drame individuel derrière le drame collectif.
Des chiffres symbolisant les traces indélébiles de la deshumanisation des hommes.
Des portraits sur béton, des morts, des survivants et des descendants, qui renvoient aux absents.
Des pigments qui se fondent, une angoisse qui transpire, des silences et des mots à mi-voix qui se font cris.
Partout des traces, empreintes d'un passé et d'une mémoire traumatique, qui imprègnent notre monde, nos peuples, notre Histoire.
SES CÉRAMIQUES vibrantes portent les empreintes d'un indicible passé et posent la question du difficile retour à la vie.
Des survivants à jamais marqués, pleins d'absences, pleins de manques, pleins de morts.
Des numéros-matricules qui gravent la mémoire.
Des corps à jamais malades, morcelés plus ou moins recollés, amalgames de traces et de blessures.
Des tètes ouvertes sur le passé, un passé jamais clos qui ressurgit, un impossible oubli... qui pénètre le présent, notre présent... un passé qui imprègne l'avenir, notre avenir, celui de nos enfants.
SES ÉCRITS tentent de redonner la parole à ceux qui ne sont plus, pour les rendre à nouveau présents face à nous, nous demandant de ne plus jamais fermer les yeux, de ne plus permettre qu'un drame puisse se dérouler près ou loin de nous par notre indifférence.
SES CRÉATIONS CONSTRUISENT DEPUIS 2008, UN CHEMIN EUROPÉEN DE MÉMOIRE.
Ses expositions relient ainsi des lieux de mémoire, des lieux d'histoire et des lieux tournés vers l'avenir:
- En FRANCE, au Mémorial du Camp de Royallieu de Compiègne, au Camp du Struthof, au Centre Mondial de la Paix à Verdun, au Conseil Régional d'Alsace à Strasbourg, à la Foire Internationale d'Art Contemporain ST'ART de Strasbourg, au Mémorial d'Alsace-Moselle à Schirmeck et au Conseil de l'Europe.
- En BELGIQUE, au Fort de Breendonk et à la Gare de Boortmeerbeek.
- En ALLEMAGNE, à Karlsruhe au Centre Culturel Franco-allemand.
SON LIVRE "LA SHOAH ET SON OMBRE", avec ses peintures et textes trilingues, a été publié en 2009.
DES PROJETS PÉDAGOGIQUES se mettent en place avec le Conseil de l'Europe, l'association Europe de la mémoire et des éditeurs de livres scolaires, afin que par l'art les jeunes soient sensibilisés pour qu'ils n'oublient pas mais surtout pour qu’ils n’acceptent plus jamais d’être témoins de la souffrance d’un peuple.
D'AUTRES PROJETS sont en cours, avec le Conseil de l'Europe et en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg ainsi que dans divers lieux de mémoire français.